Trop chou le kale !

Oui, un post sur le chou, et kale en plus ! J’entends déjà les critiques : « Qu’est ce qu’ils ne feraient pas pour se rendre intéressants ces blogueurs bobo-bio, en plus le chou kale on en trouve nulle part, gna gna gna... »

Ça c’était vrai avant. Il y a presque deux ans on m’a offert le livre Green Glam et Gourmande de Rebecca Lefler dont je vous ai déjà parlé . Un livre de recettes végan et sans gluten très New Yorkais branché-glamour-fun. Bref j’ai accroché immédiatement parce que les recettes avaient l’air délicieuses et parce que  j’avais à peu près l’habitude de tous les ingrédients…sauf du fameux chou kale. Lui, j’en avais vaguement entendu parler mais je n’en n’avais jamais vu la pointe d’une pousse.

Le chou kale c’est quoi d’abord ?

Le chou kale c’est tout simplement l’appellation anglo-saxonne de plusieurs variétés anciennes de choux borécoles, c’est à dire de choux dont les feuilles se développent sans faire de « pomme » (chou vert, rouge, de Bruxelles…) ni de fleur (brocolis, chou fleur…). C’est pour cela qu’on le prononce à l’anglaise « quelle » et non « calle ». En latin on dit Brassica Oleracea.

Bien qu’il pousse comme du chiendent dans nos contrées (Europe du Nord, Europe de l’Est en particulier) et qu’il ait été couramment consommé par les hommes pendant des siècles, il a finit par être réservé aux animaux, on ne sait trop pourquoi. Ce sont les américains qui l’ont redécouvert et on peut remercier Gwyneth Paltrow, en particulier, pour l’avoir rendu glamour et super chic aux USA de LA à New York.

Lorsque Kristen Beddard, working girl New-yorkaise s’est expatriée à Paris en 2011, elle n’a pas supporté d’être privée de son légume fétiche. Elle s’est donc lancée dans la promo du légume de manière intensive au travers de The Kale project, un site aussi beau que passionnant  (la dame est une pro de la comm’). C’est, semble-t’il, à elle qu’on doit véritablement le retour du kale dans l’hexagone. Le fait est, on avait de l’or dans nos champs et on ne s’en rendait même pas compte :

Le profil santé du kale

  • Hyper riche en vitamine K
  • Très riche en béta carotène (qui se transforme en vitamine A)
  • Super riche en vitamine C
  • Plein de fer, calcium, potassium et magnésium
  • Bourré d’antioxydants

Vous l’aurez compris, il est extrêmement riche en nutriments et pauvre en calories, ce qui en fait un aliment hyper dense d’un point de vue nutritionnel.

©magreenlife

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Bref, si je devais partir sur une île déserte ou au fin fond de la cambrousse, je mettrais sans hésiter des graines de kale dans mon sac. D’ailleurs il pousse assez facilement, même dans le froid, sans se plaindre.

Aux Pays-Bas il est à la base d’un plat très populaire, le boerenkool, et il est réputé encore meilleur après les gelées. Par chez moi il fait rarement moins de zéro, surtout cet hiver, alors au lieu d’attendre qu’il ait gelé, on se contente de le masser pour l’attendrir.

Je vous rassure, je ne suis pas encore allée jusqu’à en planter dans mon micro jardin, non,  le hasard faisant bien les choses, un marché paysan tendance bio s’est installé tous les mardi matin à 5mn de chez moi (je sais, le top du top pour une freelance accro au green).

Et devinez quoi, un de ces charmants producteurs de verdure a eu le courage, l’abnégation, que dis-je l’audace de faire pousser du chou kale et de le proposer à une population un brin interloquée. Après quelques exclamations hystériques je me suis donc jetée sur le crucifère tant désiré afin de réaliser la fameuse recette de chips de kale qui me faisait saliver dans Green Glam et Gourmande

Le résultat est effectivement très sympa et très gouteux. Peut-être même un peu trop… Après plusieurs sessions de chips j’en était un peu lassée : ce mode de cuisson a tendance à faire ressortir un gout de chou un peu fort, alors que le kale justement a le bon goût de n’en avoir pas trop.

J’ai donc décidé de tester l’autre variante proposée par Rebecca Leffler : la salade de kale. Et là, bingo! coup de foudre gustatif.

Une fois bien massé à la main, avec un peu d’huile d’olive, de noix ou de colza (et pas mal d’huile de coude), assaisonné au vinaigre de cidre et parsemé de graines grillées, de piment d’Espelette, de levure de bière c’est, à mes yeux, la meilleure salade du monde : bien plus nourrissante et rassasiante qu’une salade verte.

Un jour, le drame : mon fournisseur officiel a quitté le marché. Désespérée j’ai harcelé systématiquement tous les autres producteurs  — »quoi vous connaissez pas le chou kale ? Mais c’est génial, il faut absolument que vous en plantiez ! » Et ça a porté ses fruits (si je puis dire) : ça a commencé par un courageux, celui là même qui m’a également fourni mon monstroplant de tomate de l’été dernier. Qu’est ce que je l’ai remercié lui ! Puis mes maraichers bio préférés s’y sont mis aussi, suivis par un autre. Bref, le kale est devenu aussi banal que les carottes (voire plus : les carottes fanes ont disparu des étals tandis que le chou Kale en déborde). Du coup, je me sens un peu obligée d’en acheter partout pour les encourager …

Mais en acheter à tout le monde c’est même pas un problème : ils se sont mis à faire pousser plein de variétés de kale différentes : du coup je peut me régaler de kale rouge de Sibérie, noir de Toscane, et d’autres variétés dont j’ignore le nom (le producteur aussi !) aux feuilles si douces et tendres qu’elles n’ont même pas besoin d’être massées.

Déguster le kale

©magreenlife

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Outre les chips et la salade, on trouve du kale dans de nombreuses recettes de smoothies et autres jus verts. Je n’ai pas encore essayé mais why not? On peut également l’utiliser comme des épinards : glissé dans des cakes, pâtes, tartes aux légumes, omelettes, sauté avec des légumes à l’asiatique. Les possibilités s’arrêtent aux limites de votre imagination culinaire. (Ci-dessus : pâtes sautées à l’ail, au piment et au kale)

Chez moi on mange du kale au moins une fois par semaine si ce n’est plus, mais généralement en salade (j’adore vraiment !). Avec l’arrivée (tardive) de l’hiver, j’ai eu envie d’un plat nutritif et revigorant à base de kale. Il m’est donc venu l’idée de fabriquer des pakoras de kale.

©magreenlife

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Les pakoras ce sont des beignets indiens à base de farine de pois chiche, mon autre passion.  Il m’a suffit de prendre une recette de pakoras de base (celle-ci trouvée chez Bollywood Kitchen est toute simple) et de remplacer les légumes par des feuilles de kale grossièrement découpées. Le résultat est sublime : Entre le beignet de fleurs de courgette et la tempura : le chou croustille et le beignet fond dans la bouche. Relevé d’un peu de fleur de sel et d’un trait de citron c’est divin. Un régal complet pour les végétariens.

Comme la friture c’est quand même pas ma passion et que ça met un peu le bazar dans ma petite cuisine j’ai inventé une variante  saine et « pour tous les jours »…roulements de tambours… la socca indienne au kale !

On ne crie pas au sacrilège avant d’avoir goûté (en plus je suis niçoise alors j’ai le droit de lui faire ce que je veux à la socca, même de la passer à la poêle,  la preuve )

©magreenlife

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Socca indienne au Kale

Mélanger les ingrédients de la socca (eau, farine de pois chiche, sel, huile d’olive). Ajouter une grosse pincée de curcuma, de cumin, de garam massala et de la coriandre fraîche hachée.  Hacher grossièrement les feuilles de kale (combien? un peu, beaucoup, c’est une question de goût) et les incorporer.

Faire chauffer de l’huile de coco ou d’olive dans une grande poêle et verser le mélange. Faire cuire à feu vif. Attendre que le dessous ait bien pris avant de retourner. Pour retourner plus facilement, faire glisser la « crêpe » dans une grande assiette et retourner l’assiette sur la poêle. Laisser cuire quelques minutes à feu moyen.

Servir avec un trait de jus de citron et un peu de sel.

 

 

 

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